Introduction. Cours d'analyse technique

Qu’est-ce que l’analyse technique (AT)

« L’analyse technique (AT) est une approche empirique des marchés, née de l’observation des historiques de cours ». Voilà comment définir très simplement l’AT qui permet une « conduite sécurisée » en bourse. Elle est également la plus ancienne méthode pratiquée pour analyser le comportement d’un marché. Néanmoins, afin de mieux comprendre les subtilités de cet outil, il convient de se pencher plus attentivement sur le sujet.

Selon l’Office Québécois de la langue française (car aucune définition francophone n’existe !) l’AT recouvre « l’ensemble des méthodes d’appréciation des valeurs basées sur l’analyse numérique et l’analyse graphique des cours et des volumes de transactions, dont l’objet est de prévoir à court terme une tendance à la hausse ou à la baisse ». L’AT cherche majoritairement à analyser la psychologie des acteurs du marché. Cette discipline se base donc sur les transactions boursières passées d’une société et non sur une appréciation des informations économiques et financières.

De manière plus concrète, l’AT se fonde sur l’étude historique des cours de bourse et leur représentation graphique dans le but de prévoir les mouvements des marchés. On va chercher à mettre en évidence des configurations spécifiques qui vont se répéter dans l’avenir. L’objectif de ces configurations est de permettre à l’analyste de détecter des mouvements tels que les départs en tendances, les phases de retournement…

Historique de l’AT

Les toutes premières représentations graphiques sont apparues au Japon au cours du XVIème siècle. Leur objectif était de chercher à couvrir l’évolution des prix du riz à l’aide des chandeliers japonais.

Par la suite, l’analyse chartiste traditionnelle s’est développée aux Etats-Unis au XIXème siècle par le biais de Charles DOW (désormais célèbre fondateur du Dow Jones, l’indice de cotation américain et du Wall Street Journal). Charles DOW a été le premier à distinguer des tendances récurrentes et reproductibles de façon empirique.

L’analyse graphique moderne est apparue dans les années 70 avec W.WILDER. Son arrivée coïncide avec le développement et l’explosion de l’outil informatique. Il a introduit les mathématiques et les statistiques à l’appréciation des graphiques traditionnels. De la sorte, l’AT a vu la naissance des indicateurs qui suggère une aide pour la prise de décision de l’analyste.

Trois fondements de l’analyse technique

Le marché prend tout en compte

C’est ici le point essentiel de l’analyse technique : les cours, quels qu’ils soient, reflètent absolument tout du marché. Il est évident que le prix des valeurs boursières sont fixés par le biais d’une confrontation permanente entre l’offre et la demande. Ces deux variables, constitutives du prix, caractérisent à elles seules l’ensemble des informations émanant d’un marché financier. En effet, l’équilibre s’instaure en fonction de données diverses telles que les résultats de l’entreprise, la taille de cette dernière, les derniers contrats obtenus ou bien encore le fait que l’action soit à la mode ou bien qu’elle fasse l’objet d’une désaffection particulière de la part des acteurs… En bref, il est incontestable que l’analyse graphique est un parfait résumé de l’ensemble de ces informations.

Les cours suivent des tendances

L’analyste technique ne peut se fier à une évolution aléatoire des cours. Selon lui, ces derniers évoluent toujours en tendance (hormis quelques petits écarts) et ces tendances ne durent qu’un certains temps avant d’être modifiées. Les mots sont parfois bien futiles et une étude empirique s’impose :

Les flèches vertes représentent les tendances à la hausse et les flèches rouges les tendances à la baisse : qui peut oser dire qu’il ne voit pas de tendance !

L’histoire se répète

« La clé du futur se trouve dans le passé ». Les rouages de la psychologie humaine étant relativement stables, bon nombre d’études ont prouvé qu’en analysant certaines configurations passées, nous étions en mesure de déterminer les évolutions à venir.

AT et psychologie

Bernard BARUCH disait que « plus que toute autre chose, le marché est le reflet d’individus ». En effet, la composante psychologique des intervenants fait que les marchés réagissent de telle ou telle façon. On ne peut empêcher un individu de prendre une décision en fonction de l’information qu’il détient à un instant « t ». SIMON nous disait, dans sa conception organisationnelle de l’entreprise, que la rationalité était limitée, et il en est de même en ce qui concerne les marchés financiers. Il va être difficile pour l’acteur de raisonner en terme d’individu puisque son choix isolé n’aura aucun impact sur le marché. Il doit donc examiner le marché comme une masse d’individus qui vont confronter leurs opinions (achat ou vente). Dès lors, l’acteur réagira en fonction du sens du marché et du climat général de ce dernier.

De plus, les investisseurs prenant des décisions dans l’incertitude de leurs anticipations, ils sont souvent soumis au stress et donc aux décisions irrationnelles. Les émotions de l’investisseur prendront alors le dessus et ce dernier développera des comportements de type « entêtement ; remord ; refus de sortir de position ; pessimiste ; euphorie ; prudence… » Il convient tout de même d’être vigilent car la mise en œuvre de ces phénomènes psychologiques ne s’appliquent que pour des titres liquides (qui font l’objet de beaucoup d’échanges).